Les significations idéologiques des représentations d’Héraclès

« Art grec archaïque et rapports sociaux : Pour une approche du fonctionnement de l’icône dans la société grecque archaïque » est un article faisant lui-aussi partie de l’ouvrage collectif Dialogues d’histoire ancienne (1982), écrit par Marie-Christine Mailley-von Arx. Il fait une synthèse sur des bas-reliefs des sanctuaires d’Athéna Pronaia et d’Apollon de Delphes et de l’Acropole d’Athènes. Tout d’abord, il aborde plus précisément la perception de l’icône dans la société grecque ainsi que son décodage. L’art intervient dans la vie sociale surtout par le biais de la religion. L’image doit raconter une histoire. Le spectateur peut décoder ces images selon son niveau de connaissances. Pour être accessibles aux peuples, ces images doivent donc être codifiées : les personnages doivent toujours être représentés de la même façon, avec les mêmes attributs, pour être reconnaissables.

L’auteur développe l’exemple d’Héraclès : on le reconnaît facilement dans les représentations grecques archaïques car il porte une peau de lion et tient une massue. Mais pour l’identifier correctement, il faut tout de même connaître ces symboles. La reconnaissance se fait aussi selon la classe sociale du spectateur : les membres de l’élite sont plus cultivés que le démos (= le peuple) et donc reconnaissent plus de choses.

A partir de la page 289, l’auteur explique la signification des reliefs de Delphes et d’Athènes. Et une sous-partie porte sur une étude de cas : un fronton représentant Héraclès et l’hydre provenant des édifices de l’acropole d’Athènes.

Tableau présentant l'importance des représentations d'Héraclès dans l'art grec archaïque

Un tableau (p.291) nous présente la fréquence des représentations d’Héraclès : c’est le deuxième thème le plus représenté sur les reliefs grecs de l’époque archaïque. Cela nous montre l’importance que ce héros a dans la société grecque archaïque.

L’étude du fronton représentant Héraclès et l’hydre de Lerne, à Athènes note la présence d’un bige (char antique) qui marque l’appartenance d’Héraclès à une certaine classe de la société grecque ainsi qu’au monde civilisé.

Pour terminer, l’auteur nous parle du rôle idéologique des reliefs. Les thèmes représentés sont souvent les mêmes, alors que la mythologie grecque est très variée, car  il fallait qu’il y ait une culture commune qui réunisse les cités. Par ailleurs, la symétrie des représentations renvoie à l’ordre et donc à l’ordre en société et dans la cité.
Concernant la signification des scènes représentées, des scènes de combat, comme celui contre l’hydre, le premier niveau d’interprétation est très simple : c’est l’affirmation de la victoire du bien contre le mal. Une interprétation plus poussée y voit une affirmation de la puissance de l’aristocratie : c’est l’expression allégorique des rapports sociaux.


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