Impact d’Héraclès sur l’établissement de la vie sociale en Grèce

L’auteur, Colette Jourdain-Annequin, nous présente dans cet extrait « De l’espace de la cité à l’espace symbolique. Héraclès en Occident » de son ouvrage Dialogues d’histoire ancienne publié en 1989 une réflexion sur l’espace de la cité dans ses rapports avec l’espace symbolique à travers des études de cas de certains travaux d’Héraclès. L’auteur est chercheuse au CRHIPA (Centre de recherche en histoire et histoire de l’art Italie, pays alpins). Cet article ne traite pas du mythe de l’hydre de Lerne ni même des douze travaux d’Héraclès en général mais cherche à démontrer l’importance qu’a eu Héraclès en Occident pour l’établissement de la vie sociale, de la cité à travers les mythes. Selon l’auteur, le mythe d’Héraclès répond à un besoin de posséder un espace dans lequel l’homme puisse se reconnaître. Héraclès parcourt et relie les lieux mythiques, il leur donne une signification sociale réelle : une dimension symbolique.

Dans une première partie, l’auteur aborde le sujet d’Héraclès à travers le développement que Diodore fait dans le IVème livre de sa Bibliothèque Historique sur les travaux d’Héraclès et en particulier la conquête des bœufs de Géryon. Pour Diodore, l’action d’Héraclès opère en Occident dans un nouveau cadre : l’oicouménè [=la terre habitée]. C’est-à-dire qu’il a fixé les limites du monde connu par les Grecs, un espace qu’ils doivent conquérir contre le Barbare, représenté par exemple par Géryon. Héraclès symbolise le héros civilisateur, le bienfaiteur des Grecs dont il justifie les entreprises coloniales. Avant la colonisation opérée par Héraclès, la nature est une nature sauvage, fermée à l’homme, emplie de fauves et inorganisée socialement, qui va être remaniée par Héraclès en fonction de la vie en société, de la polis.

Dans une deuxième partie, l’auteur aborde les lieux mythiques où se seraient déroulées certaines des aventures d’Héraclès : l’Erythie et le jardin des Hespérides. Cette partie nous intéresse moins. Mais au début, à la page 40, l’hydre de Lerne est évoquée, concernant son ascendance. Elle descend d’Echidna, qui est la fille de Chrysaor, lui-même fils de la Gorgone Méduse et d’Océan, et de Callirhoé, elle aussi fille d’Océan. Géryon est quand à lui le fils de Méduse et de Chrysaor. D’Echidna descendent aussi Orthos le chien de Géryon, Cerbère et le lion de Némée. On voit donc que différents ennemis d’Héraclès qu’il doit affronter lors de ses travaux ont la même ascendance.

Enfin, la troisième partie concerne la transition qui se fait entre l’espace mythique et l’espace « orienté » de la cité. Elle explique le mythe du jardin des Hespérides, lorsque Héraclès doit dérober les pommes d’or au géant Atlas. Ce jardin se situe aux bords du monde, Héraclès atteint donc les limites du monde connu. L’auteur conclut cette partie en donnant une place centrale et fondatrice à Héraclès : Héraclès est une sorte de médiateur entre les hommes et les dieux pour les Grecs, il leur permet de mieux appréhender l’espace dans lequel ils vivent ainsi qu’accepter la question de la mort et de l’au-delà.

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