Héraclès, un des héros les plus représentés sur les vases attiques

Cet article : « Old and New heroes : Narrative, Composition, and Subject in Attic Black-Figure », se propose d’expliquer l’occurrence de certaines représentations mythologiques à la période attique.

Il a été publié par Harvey Alan Shapiro dans l’ouvrage Classical Antiquity, par les éditions de l’Université de California en 2010. Nous l’avons trouvé en lecture en ligne, en anglais, sur le portail de revues en ligne JSTOR. H. A Shapiro est un historien de l’art spécialiste de la Grèce archaïque qui a aussi travaillé pour l’Université de Cambridge.

Il souhaite y examiner les changements dans l’art narratif à Athènes, à travers les modifications du répertoire mythologique utilisé par les artistes athéniens. Cet extrait se divise en deux parties. La première consiste en un survol du répertoire des sujets mythologiques utilisés pour la figure noire attique. Dans une seconde partie, l’auteur s’intéresse aux facteurs qui induisent les changements intellectuels et artistiques.

Dans la première partie, on s’intéresse d’abord aux anciens sujets représentés sur les vases attiques. Neuf mythes ou cycles de mythes représentés sur des céramiques attiques sont étudiés : Bellérophon et la Chimère, Persée et les Gorgones, les Argonautes, la chasse au sanglier de Calydon, le cycle thébain (comprenant les mythes concernant la cité de Thèbes sur plusieurs générations), l’Odyssée, les Pygmées et les crânes, Prométhée libéré par Héraclès et les jeux funéraires pour Patrocle. Concernant le mythe de Héraclès libérant Prométhée aux Enfers, l’auteur précise que la période 550-500 av. J.-C. est une période d’âge d’or pour les représentations d’Héraclès. A la page 122 on peut trouver un tableau récapitulatif du nombre de représentations de ces neuf mythes sur les vases attiques selon les différentes périodes, entre 600 et 500 av. J.-C.

Puis H. A. Shapiro s’intéresse aux sujets plus récents représentés sur les vases attiques, qui apparaissent vers 570-550 av. J.-C. Il aborde en premier les travaux et gestes d’Héraclès. Il pointe le fait que les aventures d’Héraclès ont une place de choix dans les scènes mythologiques développées dans la figure noire. Il détaille ensuite chacun des douze travaux qui a été représenté à cette époque. Pour l’hydre de Lerne (p.123), il nous explique notamment que sa première représentation en figure noire attique que l’on connaisse se trouve sur un fragment de canthare daté de 570-550 av. J.-C. Et il ajoute qu’au sixième siècle avant notre ère, à Corinthe, ce mythe est le plus populaire des travaux d’Héraclès avec plus d’une douzaine d’exemples.

Après avoir évoqué le cycle des aventures d’Héraclès, H. A. Shapiro parle du cycle troyen, de Thésée combattant le Minotaure, du combat opposant les dieux et les Géants, du retour d’Héphaïstos sur l’Olympe, de la naissance d’Athéna, de la bataille des Grecs et des Amazones, de la bataille des Lapithes et des Centaures et de Dionysos et son cercle.

Enfin, nous avons une énumération d’une dernière catégorie de sujets qui sont représentés à la fois pendant la période des anciens sujets et celle des nouveaux : Achille, les noces de Pélée et de Thétis, le jugement de Pâris, Héraclès et le centaure Nessus, et Héraclès et Nérée opposé à Héraklès et Triton.

Dans une seconde partie, l’auteur nous explique que lors du sixième siècle avant J.-C., la différence entre l’art grec et l’art attique se fait plus prononcée. Un des facteurs de ce changement serait psychologique : un changement dans la perception que les Athéniens ont d’eux et du monde qui les entoure. Un autre changement est de nature artistique : les principes de composition et de narration sont modifiés, sous l’influence de l’art monumental. On peut également noter un changement dans les mentalités au fil de l’époque archaïque : les anciens sujets présentent surtout des monstres tandis que les nouveaux se concentrent sur des personnages humains. On voit aussi un intérêt pour les actes héroïques individuels plutôt que pour celles des groupes.

Héraclès est présenté comme le héros panhellénique par excellence car aucun de ses grands mythes ne se passe à Athènes, ou même dans l’Attique et cependant il prévaut en Attique plus que nulle part ailleurs en Grèce. Néanmoins le mythe de l’hydre de Lerne est une exception car on en trouve surtout des exemples à Corinthe.

Étant à la fois dans la catégorie des anciens sujets et de nouveaux, Héraclès est donc un héros populaire durant toute l’époque attique. Il représente de nombreux concepts comme la bravoure et est ainsi un modèle pour les citoyens athéniens. C’est le héros panhellénique, qui représente les valeurs de toute la Grèce.

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