Le travail chez Héraclès

Héraclès, latris et doulos. Sur quelques aspects du travail dans le mythe héroïque est extrait de la revue semestrielle internationale plurilingue « Dialogues d’histoire ancienne ». L’article est dans le volume 11 de l’année 1985, de la page 486 à 538 . L’auteur de cet article est Colette Jourdain-Annequin (elle est chercheuse au Centre de recherche en histoire et histoire de l’art Italien dans le pays alpins). Dans cet article on retrace la vie d’Héraclès à travers la notion « travail », en effet comme nous le savon déjà, Héraclès a passé une bonne partie de sa vie à effectuer différents travaux. Colette Jourdain-Annequin décompose son article en cinq parties dont une introduction, trois grandes parties thématiques et une conclusion. Les trois grandes parties se composent de la manière suivante :

  1. Le travail : des mots pour le dire

  2. Héraclès au travail : des mots aux choses

  3. Héraclès latris et doulos : mythe et réalité sociale

Dans un premier temps, l’auteur indique clairement que c’est l’Héraclès grec qui sera développé dans son article et non la version romaine. Ensuite à partir de la page 488, l’auteur essaye de voir quelles sont les notions de la Grèce Antique que l’on peut lier à la notion « travail ». Le terme de ponos à la page 490 est évoqué, ce terme peut signifier différents mots tels que la peine, la douleur la souffrance ou encore la pauvreté. On apprend que ce mot intervient notamment à l’époque classique et il intervient quelques siècles plutôt dans l’Iliade et l’Odyssée, ici le terme de ponos est utilisé dans un contexte militaire. Cependant, Colette Jourdain-Annequin dit qu’en aucun cas, dans l’Iliade et l’Odyssée, la notion de ponos n’est évoquée pour Héraclès. En ce qui concerne l’époque classique, cette notion citée ci-dessus évoque une « conception tragique du héros » à la page 480, on peut donc dire qu’Héraclès ici a un aspect humain. Ensuite la recherche de vocabulaire de l’auteur se concentre sur le mot grec athlos, qui signifie « épreuve », dans certains cas comme dans l’Odyssée ce mot grec fait référence à la notion de « concours ». De même, l’auteur définit la notion ergon, qui au pluriel est plutôt liée à la vie économique, alors qu’au singulier l’auteur à la page 493 écrit que « pour chaque chose ou chaque êtres, le produit de sa vertu propre de son arétè ». L’auteur nous dit que chez Hésiode c’est la seconde définition qui correspond le mieux. Nous constatons que dans l’Hymne homérique la situation est beaucoup plus complexe. A vrai dire d’après Colette Jourdain-Annequin, Homère et ses contemporains pensent que la notion de travail n’est pas forcément liée à Héraclès. L’auteur revient sur le mot athlos et précise que dans le livre II d’Apollodore, ce mot se réfère à Héraclès lorsque l’on parle des douze travaux.

Dans un deuxième temps, on apprend qu’Héraclès serait le plus divin des esclaves. Cependant l’auteur nous dit que le terme « servitude » en grec est un mot qui s’applique aussi bien aux peuples soumis, qu’à la femme qui se marie ou encore aux animaux. Nous constatons à la page 497, qu’il y a différents mythes lié à Héraclès et notamment le mythe où Héraclès est vendu à la reine Omphale. Donc Héraclès est au service de cette femme et n’hésite pas à se ridiculiser, quand il est au près d’elle. Ensuite Colette Jourdain-Annequin s’attarde sur deux termes qui sont tout de même à l’origine du titre de l’article que nous étudions. La notion latris signifie « servir pour un salaire ou servir d’une façon généralise », alors que le mot doulos est « couramment utilisé pour  définir la situation d’Apollon et de Poséidon chez Lamédon ou encore d’Apollon chez Admète est beaucoup plus rarement mis en rapport avec Héraclès, et à notre connaissance, Aristote est le seul à avoir fait d’Héraclès un thète ». De plus, l’auteur indique clairement que d’autres divinités ont déjà été des serviteurs. A la page 499, l’auteur se concentre sur Héraclès latris qui est présent chez Augias. Colette Jourdain-Annequin évoque justement le mythe lié aux écuries d’Augias et insiste sur le fait qu’Héraclès devait recevoir un « misthos c’est à dire un salaire ». On apprend aux pages 500 et 501 grâce à Apollodore, qu’Augias en apprenant que le héros a nettoyé ses écuries sous l’ordre d’Eurysthée, Augias refuse de lui donner le misthos. En ce qui concerne Eurysthée, à cause de cette histoire de misthos, il refuse d’intégrer ce nettoyage d’écurie dans les dix travaux qu’Héraclès devait exécuter, par conséquent l’auteur écrit à la page 499 selon les dires d’Apollodore «que le héros devra finalement réaliser deux exploits supplémentaires, son combat contre l’hydre de Lerne ayant, lui aussi été « disqualifié » parce qu’il avait pour le mener à bien reçu l’aide de son neveu et compagnon Iolaos ».

Dans un troisième temps, Colette Jourdain-Annequin essaye de comprendre le rapport qu’il y a entre Héraclès ( latris et doulos) et son impact sur les Grecs de l’Antiquité. L’auteur écrit que le demi-dieu est lié aux dieux « agissants », à cause des travaux qu’il a effectués. On peut donc dire que l’auteur indique une fois de plus, qu’Héraclès est « l’homme de main » d’Eurysthée.  Chez la reine Omphale, où Héraclès abandonne ses vêtements pour laisser place à des habits assez féminins, il est soumis car l’amour est présent (en d’autres termes si Héraclès n’était pas à son aise chez Omphale, il aurait pu partir de son propre chef). L’auteur explique que ce type de coutume, d’après une légende est présente à la cité de Cos, il écrit à la page 510 que « lors de ses noces, l’époux si on en croit Plutarque_était vêtu comme une femme ». Ensuite à partir de la page 514, Colette Jourdain-Annequin se concentre sur les origines des travaux forcés d ‘Héraclès. Héraclès doit travailler à cause de la jalousie enivrante de la déesse Héra. Apollodore pense que la jalousie d’Héra se manifeste à la suite de la victoire d’Héraclès sur les Minyens, alors que chez Homère cette jalousie se manifeste avant la naissance du héros. D’ailleurs, Héraclès apprend son propre destin chez l’Oracle de Delphes.

L’article de Colette Jourdain-Annequin livre pleins de références mythologiques et de sources. Nous pouvons même dire que la vie d’Héraclès est bien retracée et l’auteur s’intéresse même aux autres personnages qui ont eu un rôle important dans la vie du héros.

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